« Ballade d’un amour inachevé » Louis-Philippe Dalembert

Balade

Quatrième de couverture
Longtemps après, lorsque les douleurs se seraient refermées, que les survivants raconteraient l’événement sans que l’émotion vînt leur nouer la gorge, certains jureraient avoir senti la veille une forte odeur de soufre dans l’atmosphère. D’autres diraient l’avoir humée depuis trois jours, sans toutefois y avoir prêté attention. Peut-être, allez savoir, l’odeur n’avait-elle existé que dans leur imagination, ou n’avait-elle pas été assez persistante pour qu’on s’en alarmât.

Avril 2009 : la terre tremble en Italie. Dans un village des Abruzzes, un couple mixte, Azaka et Mariagrazia, attend dans la joie l’arrivée de son premier bébé. Sous le regard réprobateur des uns, opposés à la présence des étrangers dans la région, et la curiosité bienveillante des autres.

Si les secousses tendent à exacerber les tensions, elles viennent rappeler à Azaka un épisode traumatisant de son enfance : un autre séisme, à l’autre bout du monde, pendant lequel il fut enseveli sous les décombres. L’histoire se répéterait-elle ? Où qu’il soit, doit-il redouter la colère de la Terre ? Des questions que pour l’heure il refuse de se poser : bientôt il sera père, le bonheur ne lui échappera pas…

Mon avis
Commençons par la couverture qui mérite que l’on s’y attarde. Celle-ci présente un jeune homme replié sur lui-même. Sans connaitre l’histoire nous pouvons nous interroger à la raison de cela, mais une fois le roman lu nous comprenons aisément qu’un traumatisme est resté profondément ancré dans le subconscient du personnage, bien que la narration principale tourne autour de notre héros lorsqu’il a quarante ans… alors ce point peut-être légèrement discutable. Quant au choix de la police en transparence pour le titre, cela me semble un choix esthétique de mauvais gout.
J’ai lu le texte rapidement, en deux jours. Il est constitué de quatre parties, chacune divisée en sept chapitres, ainsi qu’un huitième appelé « respiration ».
Le récit est écrit au passé simple et au plus-que-parfait, mais la seconde partie, qui conte l’enfance de l’homme, vingt-cinq ans auparavant et son expérience traumatisante est lui écrite au présent. La troisième et quatrième partie sont elles de nouveaux écrits au passé et s’attarde sur la vie de la femme depuis sa rencontre avec cet homme et l’autre partie transforme la ville en un personnage en nous y décrivant l’ambiance et sa brève histoire.
Je comprends le choix de l’auteur de conter un drame ayant marqué l’enfance et dont les souvenirs ont un impact sur la vie présente et sur la psychologie du personnage, en utilisant justement le temps du présent, mais lorsque le reste du récit est au passé pour des évènements postérieurs, ce choix me semble discutable et perturbe inévitablement la lecture.
Après m’être formalisé avec cette inversion de temps, je me suis laissé porter par la narration. On sent le désir de l’auteur de ne pas vouloir heurter son lecteur, avec un récit écrit tout en finesse et en sensualité. J’aurais apprécié par moment que l’auteur soit justement plus abrupt afin d’apostropher son lecteur. Néanmoins, l’écriture reste plaisante du début à la fin. Concernant par contre la fin de l’histoire, je l’ai trouvé bizarre et bâclée, très mauvaise par rapport au reste et surtout très peu crédible. Je ne souhaite pas dévoiler ici ce qu’il s’y produit, mais une fin différente aurait eu, certainement, plus de sens, à mon sens !

Quelques citations
« Le malheur sait aussi bien diviser que rapprocher les humains. Il suffit d’un rien, un geste, un mot, du silence même, pour que l’on bascule d’un côté ou de l’autre. Dans l’horreur ou la générosité. »

« Sous quelques cieux qu’il nous ait été donné de naître et de grandir, nous avons plus ou moins les mêmes qualités et défauts. C’est ce qui fait notre humanité. »